|
|
 |
 |
Vivre sa passion sans la pression |
 |
|
| Pierre Turgeon
(SHERBROOKE) Judes Vallée reconnaît la chance qu'on lui offre en lui permettant de vivre sa passion d'entraîneur de hockey sans la pression de devoir gagner. Parce que l'obligation d'aligner les victoires arrive normalement dès la nomination au poste, sous peine d'être rapidement remplacé.
|
  Chez les Cougars du Collège Champlain, Vallée et les autorités du Collège se sont rapidement entendus sur les objectifs à remplir. "À mon arrivée au Collège Champlain en 2004-2005, on m'a dit que mon mandat était de former de meilleurs individus, d'aider des jeunes à se rendre à l'université et leur transmettre les valeurs qu'on trouve généralement dans la pratique des sports, soit le travail, le concept d'équipe, la discipline... Mais la priorité demeure les études."Cette philosophie commande certains ajustements tant de la part de l'entraîneur que des joueurs. "On veut donner la chance à tout le monde de jouer et il faut tenir compte que ce sont des élèves avant d'être des hockeyeurs. Ce qui ne nous empêche pas de faire du hockey avec rigueur et discipline. Il y a toujours un effort à fournir et un minimum à donner. Un minimum tout de même assez élevé", affirme l'entraîneur. |
L'expérience du hockey junior AAA au Collège Champlain a prouvé au fil des années qu'il était possible de réussir tant dans les salles de classe que sur la patinoire. Puisqu'en sept ans dans ce circuit compétitif où les formations collégiales sont peu nombreuses, les Cougars ont réussi cinq fois à se hisser dans le carré d'as ou à atteindre la ronde demi-finale des séries éliminatoires. Ils ont remporté le championnat de la ligue trois fois ainsi que la coupe Fred Page, emblème du championnat de l'est du hockey junior A canadien, une fois.
La réussite est possible, mais il y a des contraintes. D'abord dans la sélection des joueurs qui formeront l'équipe, il faut trouver oui de bons joueurs, mais aussi des joueurs qui accepteront d'étudier en anglais, ce qui en rebuterait plusieurs, des joueurs qui accepteront le concept d'équipe proposé et des joueurs qui seront prêts à payer ce que cela coûte, soit débourser une pension puisque plusieurs viennent de l'extérieur, sacrifier les primes qu'offrent généralement les autres formations, et payer les services offerts par l'équipe, explique Vallée.
L'entraîneur doit aussi se montrer beaucoup plus conciliant parce que des joueurs arriveront en retard aux entraînements quand retenus à un cours. Il arrive également que certains doivent rater carrément un entraînement en période d'examen puisque la priorité demeure aux études. Par contre, grâce à l'engagement des joueurs, un fort lien de confiance se construit rapidement de part et d'autre. "Une confiance qui est telle que les couvre-feu n'existent pas chez les Cougars et que chacun répond à la règle 'des 48 heures' comme cela se fait dans tous les sports au Collège Champlain, c'est-à-dire aucune boisson alcoolisée 48 heures avant un match.
Toutefois, sur la glace, Vallée demeure exigeant et n'accepte aucune entorse au concept d'équipe; ce qui au fil des ans constitue la force des Cougars.
  En plus de diriger ses Cougars, Vallée est à la tête du sport-études en hockey à l'école secondaire du Triolet où il débutera sa 17e année à l'automne. Là aussi, l'objectif premier demeure la réussite à l'école. Le taux de réussite de 100 pour cent se veut très éloquent. |
|
|
 |
 |
|
|
 |